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Le lexique du Canal du Midi

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Petit lexique du Canal du Midi

 

Chemin de halage

Le chemin de halage couvre les 240 kilomètres du Canal du Midi. C’est un chemin qui longe le cours du canal sur tout son tracé. Le chemin de halage est établi sur le côté “faible” : zone de remblai, côté aval des versants (c’est le côté le plus sujet à des dégradations, il permet l’accès facilité aux épanchoirs et aux terriers pour la surveillance et l’entretien). Il change donc de côté à chaque fois que le canal change de versant. Cette alternance se passe au droit des écluses et des ponts.

Vestige du temps où les péniches étaient halées par des chevaux (ou des mulets). Mais comme il n’y en a qu’un, cela posait problème quand deux convois se croisaient.

Tous les 20 kilomètres, il y avait une halte pour changer les chevaux. La maison cantonnière (siège de l’office de tourisme du Canal du Midi) était un relais. La traction animale était alors un élément stratégique du fonctionnement d'un canal.

Le cheval peut tracter jusqu'à 120 fois son poids lorsque la charge se trouve sur l'eau !

 

Les plaques sur les maisons des éclusiers ou celles des cantonniers

Sur les murs de chaque maison éclusière, on trouve une plaque indiquant le nom de l'écluse où l’on se trouve ainsi que la distance qui la sépare des écluses suivantes, en amont et en aval. Elle nous donne des informations importantes sur le lieu où nous nous trouvons, notre position sur la route du Canal. Elle est également importante pour les plaisanciers, car elle donne l’altitude à laquelle nous sommes. A Capestang,  elle est à 32,50 m.

Nous sommes en effet sur une partie un peu spéciale, nous sommes sur le Grand Bief, une étendue d’eau longue de 54 km sans écluses. On appelle aussi cette partie la Grande Retenue.

 

Qu’est ce qu’un bief ?

Un bief est la partie d’un canal (étendue d’eau) entre deux écluses. Situé à un même niveau, il peut être emprunté par les bateaux dans les deux sens (vers l’amont comme vers l’aval).

Le Canal du Midi se compose d’une succession de biefs de longueur variable. En effet, les différentes étendues d'eau ne se situent pas toujours au même niveau, et la longueur d'un bief diffère selon l'altitude à laquelle coule le canal.

Le grand Bief  : c'est l'une des nombreuses prouesses dans la création du Canal du Midi. Pierre-Paul Riquet a réussi à maintenir la même côte (altitude) de 32,50 m au-dessus du niveau de la mer et ce pendant 54 km, car il fallait percer la montagne de tuf du Malpas, au point le plus haut, et le canal ne pouvait passer qu'à cet endroit. Au sud, la zone des étangs empêchait toute tentative.

Riquet se serait bien passé de cette difficulté. Il décida néanmoins de creuser un tunnel, le tunnel du Malpas, long de 175 m, en 1679. Contourner la colline aurait coûté trop cher. Ce tunnel où le canal est le plus étroit est un exemple unique. A cet endroit se croisent 3 tunnels : le tunnel d’évacuation des eaux de l’étang de Montady, le chemin de fer, et le canal du Midi avec le Malpas.

Aussi, aujourd'hui, entre les écluses d’Argens (petit village du Minervois) et de Fonsérannes (aux portes de Béziers), sur une distance de 54 km, le Canal du Midi serpente librement entre les platanes, au milieu des vignes de deux grandes AOC régionales, le Minervois et le Saint-Chinian, où s’élèvent quelques châteaux : témoins de la prospérité viticole de la région.

C’est une des particularités de cette portion : le canal est en surplomb. Aussi, la vue sur le paysage environnant est magnifique. Par temps clair, on aperçoit au Sud-Ouest le massif Pyrénéen du Canigou et au Nord le légendaire Caroux.

On peut naviguer sur cette portion du canal en toute saison, même lorsque les écluses sont fermées ! En effet, l’hiver il convient simplement de s’assurer que VNF (voies navigables de France : organisme qui entretient le canal) n’effectue pas de travaux sur une portion.

 

Le Miroir : la surface du Canal du Midi

La largeur au miroir est de 20 m en moyenne avec des variations entre 16 m et 24 m.

 

Les ouvrages du canal du Midi 

Il y a plus de 350 constructions tout le long du canal ; 150 sont des ponts édifiés pour restaurer le trafic interrompu par le passage du canal. En effet, le canal coupe de nombreuses routes.

 

Les écluses

Toulouse se situe à 132 m au-dessus du niveau de la mer, Béziers à 27 mètres. Il est donc nécessaire de franchir cette différence de niveau grâce à des écluses sur les différentes parties du canal. Il y a 63 écluses sur le Canal du Midi : 1 octuple, 1 quadruple, 4 triples, 19 doubles, 39 simples et une ronde à Agde.

Les écluses donnent au Canal du Midi une certaine singularité :

Les murs de maçonnerie (les bajoyers) du sas des écluses conçues par Riquet et Andréossy ont une forme ovoïde assez harmonieuse, qui est censée amoindrir la poussée qui fragilise les murs lorsque le sas se vide ou se remplit. Les matériaux ont évolué (brique à l’origine puis pierre au XVIIIe) ainsi que les équipements (portes et passerelles), d’abord en bois puis en fer.

L’utilisation du système des écluses multiples renforce l'idée d'un ascenseur hydraulique. La réalisation la plus aboutie en est précisément l’escalier d’écluses de Fonséranes, à Béziers. C’est l’ouvrage le plus spectaculaire du canal. Il permet de franchir, sur 280 m, un dénivelé de 21,5 m.

Les écluses de Fonséranes étaient composées à l’origine d’une série de 10 sas ovales accolés, de 6 m de large et 30 m de long chacun.

Depuis la construction du pont-canal, 7 seulement sont utilisés. Le premier bassin est inutilisé et le second a été déformé afin de permettre aux barques de tourner vers le pont-canal.

La pente d'eau moderne à traction électrique, conçue à l'origine pour accélérer le passage, n’a jamais fonctionné.

 

Les épanchoirs

Constitué de plusieurs vannes, ouvertes manuellement, l’épanchoir permet d’évacuer l’eau en grande quantité (pour les vidanges par exemple) et de réguler le débit de l’eau.

 

Les déversoirs

Tout comme pour les épanchoirs, leur fonction est de permettre une évacuation rapide du trop-plein d’eau, notamment pendant les fortes pluies. L’eau s’évacue naturellement dès que le niveau d’eau du canal est trop important et atteint un certain seuil.

 

Les cales

Les cales ou réservoirs d’eau sont une sorte de retenue pour filtrer l’eau et y retenir les alluvions et les saletés risquant de combler le canal. Grâce à ce dispositif, le canal s’ensable moins et est ainsi en partie préservé.

 

Les aqueducs, appelés indifféremment aqueducs, ponts aqueducs, ponts-canaux

Le mot aqueduc est désigné pour les petits ouvrages. Un pont-canal est un ouvrage qui permet de franchir un cours d’eau qui poserait des problèmes si l’on devait mélanger leurs eaux comme c’était souvent le cas à l’origine du canal du Midi (crues dévastatrices, ensablement…). Le canal passe alors sur un pont, au-dessus du cours d’eau. Le premier et unique pont-canal construit à l’origine est le pont canal du Répudre. Les autres ont été mis en place plus tard, dont un grand nombre par Vauban.

 

Les ponts

La construction des ponts de pierre du canal, nécessaires pour assurer la continuité des réseaux interrompue par le canal, a été prise en charge par les Etats du Languedoc et non par Riquet. Leur entretien donna ensuite lieu à bien des récriminations des communautés qui doivent en assurer l’entretien. Les ponts du canal ont évolué dans leur forme et leur mode de construction :

Pont du XVIIe siècle Pont du XVIIIe siècle

Ils sont construits en pierre ou pierre et brique, en plein cintre d’abord (Pont de Saisse à Capestang ) puis en arc segmentaire (anse de panier) au XVIIIe.

Aux XIXe et XXe apparaissent les ponts en fer (Pont de Piétat à Capestang ).

Au XXe, on retrouve des ponts en béton (Trézille) ou acier.

 

Le tunnel du Malpas : le 1er exemple au monde de tunnel emprunté par un canal !

Il a une longueur de 173 m pour une hauteur de 6 m et une largeur de 8,50 m.

Deux chemins de halage ont été construits initialement, mais très vite celui de la rive droite a été supprimé pour laisser plus d’espace au passage de barques plus grandes.

La construction du tunnel dans le tuf sablonneux, sujet aux éboulements et perméable à l’eau, est une véritable prouesse. Riquet avait renoncé au tracé préconisé par Clerville qui obligeait à traverser l’Aude, se heurtant à l’opposition des conseillers du roi dépêchés sur le terrain ; Riquet leur fera traverser le tunnel en construction à la lueur d’une chandelle.

A cet endroit se croisent aujourd’hui trois tunnels superposés :

- Le tunnel d’évacuation des eaux de l’étang de Montady

- Le passage du canal au niveau supérieur

- Entre les deux, le tunnel de la voie ferrée SNCF

Au Malpas, avant la navigation motorisée, la manœuvre était périlleuse et les accidents assez fréquents.

En effet les chevaux ne pouvaient tirer les barques à cause de l’obscurité du tunnel et surtout de l’étroitesse de la banquette de halage et devaient donc emprunter le chemin extérieur. On pouvait s'octroyer les services d'hommes qui tiraient la barque "à la bricole".

En arrivant de Béziers, la banquette est du même côté que le chemin de halage, il suffit donc au marinier de dételer la corde accrochée au collier du cheval pour la faire passer à celui qui prend le relais, cela assez rapidement quand même pour profiter de l’effet d’inertie qui permettait d’éviter que la barque ne s’arrête. Mais, en venant de Toulouse via Capestang, la banquette se trouve du côté opposé au chemin de halage, il faut donc dételer et jeter la corde, toujours assez vite pour éviter que la barque ne perde son élan : l’étroitesse de la banquette, l’absence de garde-corps et le sol glissant constituent alors un danger, d’autant qu’une personne qui tombe à l’eau à l’avant de la barque est rapidement coincée sous la barque ou entre la coque du bateau et le talus.

 

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